Emeraude Nature - L'Hermelle - Emeraude Nature
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L'Hermelle (Sabellaria alveolata) est un annélide marin polychète, sédentaire et tubicole, c’est-à-dire un ver de 4 cm de longueur, possédant de nombreuses soies et vivant dans un tube de sédiment sableux aggloméré par ses propres sécrétions. L'hermelle peut vivre six à sept ans.
Les tubes de sable, cimentés par une glande du ver, sont droits et atteignent 30 cm de hauteur : accolés les uns aux autres, ces tubes ressemblant à des gâteaux d'abeille et formant des pseudorécifs de masse souvent considérable sur près de 1,5 m de hauteur. Ces colonies, comptant jusqu'à 60 000 individus par mètre carré, constituent des massifs qui peuvent croître de 12 cm/an (le rythme de construction varie selon le piétinement, les variations thermiques ou d'hydrodynamie) et abriter 70 espèces différentes (vers, larves et juvéniles de crustacés y migrant par thigmotactisme), constituant ainsi un réservoir de biodiversité. Les massifs ont la forme de coussins plats ou des buissons arborescents.

Les plus grands récifs d'Europe se situent dans la Baie du Mont Saint-Michel et la baie de Bourgneuf.

Les hermelles sont considérées comme espèce-ingénieur en raison des biorécifs qu'elle construit, pouvant atteindre 3 km de large et environ 300 hectares, sur un mètre de hauteur, entre la chapelle de Sainte-Anne et la pointe de Champeaux, appelés « crassiers ». C'est la plus grande structure biogénique active connue de toute l'Europe.

Le suivi du récif et les études (cartographies des paramètres suivis couplée à un indice spatialisé de santé du récif) entamées à la suite de la restructuration de l'activité mytilicole locale montrent ce pendant que ce récif de Sabellaria alveolata a beaucoup régressé et tend à se fragmenter ( récif de Saint-Anne (223 ha) entre 2001 et 2007, et qu'il est aujourd'hui menacé, tout particulièrement dans sa partie centrale par  :

- la pêche à pied (piétinement des sabellaria + modes de récolte souvent destructives pour le récif) ;
- l'envasement rapide du site, causé par les bouchots1 qui modifient les conditions hydrodynamiques et augmentent la sédimentation
- colonisation par Crassostrea gigas (en progression dans les années 2000-2010) ;
- compétition trophique avec ces espèces concurrentes pour la nourriture.
La gestion intégrée des zones côtières modifie certaines implantations conchylicoles pour préserver les massifs.

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