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La malouinière de Launay-Guibert a été achetée par les armateurs Guibert de St Malo au XIXe siècle à Mme veuve de Talhouet. Cette malouinière a été construite en 1732 avec les ruines d'un chateau distant de 500 mètres. Elle se trouve près de l'emplacement d'un ancien manoir qui portait le nom de la famille qui le possédait au 16e siècle, Launay-Québriac. Mathurin Guibert, armateur et corsaire, fait construire ce château en 1731 qui prendra son nom Launay-Guibert en 1848.

Le nom de Launay a été modifié en 1987 en Launay-Guibert afin que soit reconnu ceux qui avait repris cette malouinière. Depuis, cette propriété est restée dans la famille. Les communs, construits au début du XIXe siècle, ont été construit pour accueillir les écuries et le pavillon du gardien.

Le mot « Launay » est dérivé de l'aulnaie, qui signifie lieu planté d'aulnes. La date de 1731 est sculptée dans un linteau situé au centre de la façade. Un escalier à double perron souligne l'entrée de la demeure. La façade principale, percée au rez-de-chaussée et à l'étage de deux oculus, se distingue des autres malouinières.

« La terre de Launay – ou mieux L’Aulnaie, car ce vocable désigne un lieu planté d’aulnes – portait autrefois le nom de Launay-Québriac, tiré d’une ancienne famille, qui dès le XVIe siècle en possédait le fonds, mais ne parait pas y avoir habité. » Ainsi Théophile Perrier d’Arc, propriétaire du château de Launay Guibert, et descendant de la famille Guibert, justifie-t-il en 1938 le nom de sa propriété dans une étude manuscrite non publiée.

C’est au XVIIe siècle que la terre de Launay-Québriac devient la propriété de la famille Lelarge, armateurs-corsaires originaires de Saint Malo.

En 1731, un Lelarge, sieur de Launay, fait construire la demeure actuelle. Une partie des matériaux, provenant de la démolition de l’ancien manoir du XVIe, a servi à la construction du nouvel édifice et de ses communs. On retrouve, notamment dans la ferme, quelques belles pierres sculptées issues de l’ancienne demeure.

Le nouveau château fut à peu près ce qu’il est aujourd’hui : « c’est le type de la « malouinière », de ces grandes maisons de campagne construites par les armateurs et négociants à la fin du XVIIe siècle et au XVIIIe siècle au temps de la splendeur de Saint-Malo. » (Th. Perrier d’Arc).

On retrouve dans cet édifice les caractéristiques architecturales des « malouinières » : l’élégance des proportions, la symétrie des ouvertures, l’absence de décor, la toiture à croupes avec ses pots à feu, les lucarnes, et les cheminées à épaulements.
La façade d'entrée comporte un niveau de soubassement qui abrite des caves et rachète le dénivelé entre la cour et le jardin. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, sur les quatre oculi qui encadrent la travée centrale, ceux du rez-de-chaussée éclairent respectivement une descente de cave et un placard sous la montée de l'escalier.
Par ailleurs, la simplicité de la rampe d’escalier d'origine, dépourvue de tout ornement témoigne du goût pour la sobriété et le fonctionnel, fréquent dans les demeures des armateurs malouins.

La propriété reste dans la famille jusqu’en 1775, date à laquelle le dernier des Lelarge meurt sans héritier direct. Le château de Launay-Québriac passe alors entre plusieurs mains, avant d’être acheté le 6 juillet 1828, par M. Mathurin Joseph Guibert, armateur-corsaire et maire de Saint-Servan. Parmi les répercussions liées à ce changement, la charpente de la grande étable de la métairie est alors réparée avec des mats de bateau en pin, renvoyant à l'activité maritime de la famille, de même que le petit canon de navire marchand posté près de l'entrée.

Le colombier, enfin, fait en 1919 l’objet d’un détournement de fonction inattendu : suite à un vœu, Théophile Perrier d’Arc, descendant des Guibert, transforme le vieil édifice en chapelle à son retour de la guerre de 1914.

Cette propriété devient entre le XIXe et le XXe siècle un rendez-vous de chasse et un lieu de réception.

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